Atelier de paillage cannage traditionnel en Loire Atlantique


Historique de l’atelier de Paillage de l’Association Valentin Haüy à Nantes

Un projet initié par le Frère Françès

Le Frère René Françès de la Congrégation de St Gabriel, directeur de l’Institut de Formation pour déficients visuels des Hauts Thébaudières à Vertou de 1975 à 1981, a tenté à plusieurs reprises, sans succès, de créer une structure pour employer les élèves de la section de paillage et cannage de chaises.

L’avenir des chaisiers travailleurs handicapés

Pour ceux-ci, les perspectives d’avenir étaient peu nombreuses à l’issue de leur formation.

Un ou deux se sont installés comme artisans avec beaucoup de difficultés en raison des charges importantes et de la gestion rendue compliquée avec le handicap.

D’autres, habitants près de Nantes, travaillaient pour les clients que l’A.V.H. leur procurait ; situation alors tolérée par l’administration.

Les derniers, moins autonomes, et résidents dans les villages éloignés des antennes de l’association avaient peu de chance de pratiquer leur métier sinon que d’exécuter quelques chaises pour leurs familles et leur voisinage.

Création de l’Entreprise Adaptée Frère Francès

En 1992, sous la pression des présidents, Monsieur Charpentier de l’A.V.H. Nantes, Monsieur Olivier de l’A.V.H. de la Roche sur Yon, et des responsables de l’Institut de Formation une enquête fut confiée par le siège parisien de l’association à un cabinet spécialisé dirigé par Madame Andanson. Ce qui permit de contacter tous les anciens élèves intéressés, disséminés dans la région des Pays de la Loire et ensuite de pouvoir présenter un projet jugé viable par la Direction Régionale du Travail.

L’agrément fut accepté par la Préfecture en Juin 1993. Le frère René Francès décédé dans un accident de la route en 1988 n’aura malheureusement pas pu voir la réalisation de ses projets.

Une équipe de chaisiers canneurs rempailleurs à Nantes

Du démarrage avec 6 chaisiers, le Centre s’est rapidement développé pour occuper actuellement 23 salariés à temps partiels dont 3 femmes.

Le local, situé boulevard Jules Verne à Nantes, se compose :

  • d’un magasin où deux chaisiers travaillent devant la clientèle
  • d’un atelier en sous-sol où sont collées et réparées les chaises
  • et d’un bureau.

C’est en quelque sorte une plate-forme où est centralisé le travail qui est ensuite redistribuée aux domiciles des chaisiers handicapés.

Les antennes de l’association de Nantes, Rennes, La Roche sur Yon, Angers, La Rochelle et Tours participent activement à nous assurer les 1.500 chaises que nous réparons chaque année.

Le travail des chaisiers

Les chaises, après avoir été recollées, sont dirigées chez les chaisiers habitant la Loire Atlantique et les départements environnants, Morbihan, Mayenne, Sarthe, Deux Sèvres, Maine et Loire, Vendée.

La canne filée, la paille de seigle, l’herbe des marais, le jonc, toutes ces fournitures nécessaires à la réalisation du travail traditionnel leur sont remises en tenant compte du rythme de travail et de la spécialité de chacun. La plupart des chaisiers, vivant entourés de leur famille et ceux plus isolés, apprécient de ne pas avoir à se déplacer pour travailler. L’éloignement des transports en commun et la difficulté pour les atteindre y sont pour beaucoup.

Quelques chaisiers plus autonomes participent à des manifestations artisanales autour de leur domicile. Ils sont alors très heureux d’accueillir directement la clientèle et se sentent valorisés de montrer leur savoir-faire et d’expliquer les différentes techniques de travail centenaires qui sont de plus en plus remplacées sur les marchés par des procédés industriels, heureusement moins fiables en qualité et en durée de vie.

Nous participons tous les ans, en avril, aux journées européennes des métiers d’art.